Les disques du mois de septembre 2009

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Las Ensaladas - (Prague 1881) Chansons du Père Albrech Vila, Mateu Fletxa, Bartomeu Carceres. Ensemble La Colombina K617216

C’est un bonheur en chansons ! La « Ensaladas » en effet se présente commeu un pôt- pourri de chansons populaires de langue diverse dans l’idée de « docere et delectare » (s’instruire et s’amuser). Les auteurs les ont appelés des « saladas », type de chansons constituées de différents mêtres et qui sont comme des fragments récupérés chez divers auteurs. Les maîtres de Chapelle les composent pour célébrer les fêtes de Noël, et dit-on « il y en a beaucoup et de très bonnes, écrites par des compositeurs anciens, comme Le Moulin, La Pompe, le Feu ou La Joute ». Elles sont souvent de ce fait apparentés à la chanson française « La Fricassée » et à Clément Janequin en particulier, et le genre traverse tout le XVI°siécle. On y retrouve les thèmes traditionnels de la bataille entre le bien et le mal, en mettant en scéne tour à tour Lucifer et la Vierge Marie, les bergers des campagnes, les pèlerins en naufragés, Adam et les anciens Prophètes…Il faut dire que l’ensemble Colombina (quatre chanteurs) nous traduit avec autant d’intelligence que de malice ces bijoux musicaux d’une rarissime force poétique.

Carl Philipp Emmanuel Bach : concerti pour flute traversière Alexis Kossenko, flûte et l’ensemble Arte dei Suonatori Alpha 093 et 146

« Dans toutes mes compositions, même pour les éléments purement instrumentaux, si minimes soient-ils, j’ai l’habitude de penser avec plus de sentiment que beaucoup d’autres compositeurs peut-être » On retrouve bien ces « sentiments » dans ces six concerti pour flûte traversière et orchestre à cordes de Carl Philipp Emmanuel Bach, le deuxième fils de Jean Sébastien. Ils sont sans doute destinés à son employeur, lui-même flûtiste éminent l’Empereru Fréderic II. Chacun de ces concerti trouvent avec la flute virtuose d’Alexis Kossenko sa personnalité propre dans le déroulement des palettes sonores de ces admirables pièces sui touchent le « Sentiment » La flûte est enveloppée par les sonorité vivantes et lumineuses de l’ensemble « Arte det Suonatori ». A ravir…

Barbara Strozzi : Madrigaux Cappella Méditerranéa, dir. Leonardo Garcia Alarcon Ambronay-Edition AMY020 Distr. Harmonia Mundi

Barbara Strozzi appelée “la virtuosissima compositrice…” est la fille du grand Florentin Giulio Strozzi et élève de Francesco Cavalli. Elle publia à Venise (1644) ses Madrigaux dans la filiation évidente du Maître Claudio Monteverdi : « Primo libro Madrigali a due, tre, quattro e cinque voce » qui mettent en œuvre le langage spécifiquement monteverdien en appliquant les procédés techniques du Maître de Mantoue dans la préface de son « Huitième Livre » de madrigaux sur l’illustration du mot par la musique. Cela donne une œuvre d’une grande force poétique ou musique et texte se rejoignent parfaitement. On ne peut que souscrire à la version étonnamment vivante et rayonnante de l’ensemble Cappella Mediterranea de l’œuvre de cette « virtuossima compositrice » sur un disque qui met à l’honneur l’une des rares femme qui a osé publier sa propre musique en un temps où la composition féminine n’était pas des plus reconnue…A découvrir !

Beethoven : Les Dix Sonates pour violon et piano. Isabelle Faust, violon et Alexander Melnikov piano. Harmonia Mundi HMC 902025/27 –(coffret de 3 CD)

Ce sont deux jeunes et brillants artistes qui se sont retrouvés pour enregistrer cette intégrale des dix sonates pour piano et violon. Il s’y dégage d’emblée à l’écoute une fraîcheur et une sorte de noblesse toute beethovenienne qui scellent une version d’une grande beauté sonore qui laisse tout au plaisir de l’écoute. L’un et l’autre , l’un par l’autre livrent ainsi une version très sincère qui peut rivaliser avec les plus grands et réussissent de par un travail d’approche rigoureux et d’un grande finesse musicale à traduire la vérité de fond de ces œuvres maîtresses du jeune Beethoven, pianiste virtuose et improvisateur de génie et violoniste accompli. La force de conviction des deux artistes tout en complémentarité aussi bien da ns le style que dans les accents et le mouvement d’ensemble se retrouvent surtout dans les septième et dixième sonates sans doute les plus belles du cycle. Un grand moment de bonheur beethovenien.

L’Ecrit du Cri : Chants de la Renaissance, du XiX° au XXI°siécles Ensemble Clément Janequin, dir. Dominique Visse Harmonia Mundi HMC 902028

Dominique Visse et son Ensemble Clément Janequin ont déjà exploré à plusieurs reprises le théme des Cris , ces chansons de la Renaissance bâties sur le vaste répertoire onomatopique . Sur ce nouveau Cd nous retrouvons traduit avec la même verve et la même intelligence souriante une anthologie des Cris de Paris élargie aux cris de Marseille de Valencienne…On ne peut qu’être conquis par la facilité déconcertante de l’ensemble Clément Janequin pour traduire ces « Cris du Monde » qui traversent les siècles : une plongée dans une histoire populaire pour une véritable « tranche de vie » criante de vérité !

Gabriel Fauré : le Jardin Clos - La Chanson d’Eve- Mélodies. Karine Deshayes, mezzo-soprano et Hélène Lucas, piano, avec la participation du baryton Stéphane Degout pour « Pleurs d’or ». Zig Zag ZZT090902

C’est toute la poésie et le raffinement musical de Gabriel Fauré que l’on retrouve dans ces œuvres tardives mais d’une grande maturité dans leur fond « la forme , dira-t-il, importe beaucoup mais le fond importe davantage » La Chanson d’Eve entre autres exprime bien les sentiments les plus intimes qui habitent le cœur : « l’innocence et la mort, dira Karine Deshaye, en passant par tant de beauté, de sensualité et de profondeur charnelle et mystique ». La belle voix expressive de la soprano enveloppe ces mélodies dans un ravissement constant qui va dans la profondeur du poème.. Le « Jardin Clos » est aussi un cycle de huit poèmes d’une seule venue, dédiés à l’interprète.. Gabriel Fauré est bien ici le grand poéte des âmes….

Café 1930 : Tangos Ensemble Contraste, Magali Léger sop. et Karina Deshayes mezzo, les chœurs de Paris Sorbonne dir. Johan Farjot Zig Zag ZZT090103

C’est toute l’histoire du « Tango » depuis ses origines connues à Rio de La Plata en Argentine jusque dans ces arrangements signés par Arnaud Thorette (directeur de l’ensemble Contraste) et de Johan Farjot qui se déroule avec beaucoup d’intelligence et de fidélité au genre dans cette réalisation qui fait revivre la beauté de cette danse en musique. Une « musique cultivée » diront-ils qui traversent tous les sentiments humains: tristesse, passion, joie et paix, admirablement mis en place par l’ensemble Contraste formé de quatre jeunes artistes en quatuor à cordes et les voix limpides et envoutantes de la soprano Magali Leger et de la mezzo Karina Deshayes avec l’apport des chœurs de Paris Sorbonne, le saxo de Raphael Imbert et la batterie de André Ceccarelli. Entrons dans la danse !

Jules Massenet : Le Jongleur de Notre-Dame. Roberto Alagna (Jean), Stefan Antonucci (Boniface), Frnacesco Ellero d’Artegna (Le Prieur), avec Marc Larcher, Richard Rittlemann, Marco Di Sapia, Evgueny Alexiev. Orchestre National de Montpellier dir.Enrique Diemecke. DG480 187 (2 CD)

Tout dans ce conte médiéval (« le miracle ») révèle bien le grand Massenet dans ses mélodies très bien ciselées, d’un grand charme musical (la Romance de la Sauge…), et dans son orchestration rutilante à souhait . On a plaisir ainsi à retrouver ce « Jongleur de Notre Dame » qui fut longtemps un pilier du répertoire. Il faut dire que cette version enregistrée en Concert à Montpellier en 2007, réunit une distribution très partie prenante du « miracle » de Massenet , elle est dominée par la présence vibrante et spontanée du ténor Roberto Alagna entouré d’une troupe bien engagée , ne serait-ce que dans les petits rôles (moines poète, peintre, musicien et sculpteur avec leur prieur.) Du bel ouvrage ! Espérons que ce « Jongleur » retrouvera toute sa place sur nos scènes nationales…

DVD. Haendel : Partenope . Andreas Scholl, Inger Dam-jensen, Tuva Semmingen, Christophe Dumaux, Bo Khristian Jensen, Palle Knudsen. Concerto Copenhague dir. Lars Ulrik Mortensen. DVD-DECCA 074 3348

Cette réalisation danoise a été enregistrée en « Live » au Royal Danish Opera en 2009. Cet Opera fut en son temps l’une des œuvres les plus populaires du « Caro Saxone » La distribution ici est en tout point d’une grande perfection musicale avec la Partenope de Inger Dam-Imsen et le contre-ténor Andreas Scholl. A recommnader.

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jAN GARBACK et l'ensemble HILLIARD
ou JAN GABAREK GROUP
MERCI
Par SAXEL MONIQUE, le 25 September 2009

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