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Les disques du mois de mars 2010
Le Chant de Byzance : la semaine sainte (vol.1) Frederic Tavernier-Vellas chant.
Malcom Bothwell, Jean-Christophe Candau, Antoine Sicot, Paraphonistes.
Psalmus PSAL007
C’est un choix d’hymnes d’une rarissime beauté qui chantent les jours saints de la grande semaine sainte. C’est en effet la période du temps liturgique pour laquelle les hymnographes et compositeurs byzantins ont développé à travers les siècles le patrimoine poétique et musicale de la liturgie orthodoxe. C’est une impressionnante Icône sonore qui se déploie ainsi à travers ce programme liturgique dans le rythme même des grands moments de la Sainte Semaine qui culminent de la mort du Christ à la Pâque du Seigneur, une véritable porte ouverte sur le Mystère des Saintes Passions. L’interprétation de Frederic Tavernier-Vellas est empreinte de vérité et de conviction spirituelles de par le timbre, le style et une sorte d’humilité de la voix qui emporte l’adhésion et rejoint ainsi la prière toujours renouvelée par la sainte Liturgie dans la grande tradition des « Psaltes » de Constantinople.Joseph Haydn : Les sept dernières paroles du Christ en Croix.
Le Concert des Nations dir. Jordi Savall
DVD Alia Vox 9868
Joseph Haydn nous accompagne sur ce chemin de croix à travers sept mouvements lents, ici dans la version originale pour orchestre, pour un authentique méditation en musique parfaitement mise en place par Jordi Savall et son Concert des Nations.. La musique de Haydn traverse ainsi les textes évangéliques en les faisant vivre par l’intérieur sans rien y ajouter. « Chaque sonate, dira-t-il, ou chaque texte exprime par les seuls moyens de la musique instrumentale de telle manière qu’il éveillera nécessairement l’impression la plus profonde dans l’âme de l’auditeur le moins averti ». Cette réalisation essentiellement musicale est illustrée par des images en DVD qui suggèrent très modestement la présence de la foule en procession le Vendredi saint dans la ville de Cadix sur fond de lumière tenebreuse qui accentue la force intérieure de cette via dolorosa et la présence du drame Saint discrètement suggérée dans l’obscurité ténébreuse de cette « via crucis » commentée avec délicatesses par de beaux textes méditatifs de Raimon Panikkar « Réflexions sur les dernières paroles du Christ» et de José Saramago « Les sept Paroles de l’Homme ». Un chemin de FoiMatthias Weckmann : Sacred Motets - « Wie liegt die Stadt so wüste”.
Cantus Cölln dir. Konrad Junghänel
Harmonia Mundi HMC 902034
Originaire de Hambourg Matthias Weckmann (1618-1674) , organiste de l’ Eglise Saint Jacob , fervent disciple d’Heinrich Schütz, fonda « avec deux amateurs de musique distingués » le « Collegium Musicum » qui lui valut une réputation internationale. C’est pour cet ensemble qu’il composa ses fameux concerts vocaux dont sont issues ces Lamentations pour la Semaine sainte inscrites sur ce disque. Une musique sacrée étonnamment moderne dans ses harmonies et ses dissonances traversée par la ferveur du Cantus Cölln et de son directeur Konrad Junghänel Une découverte qui s’inscrit dans la pure tradition de la musique sacrée allemande du XVII° siècle.Jean Sébastien Bach : Variations Goldberg BWV 988 – L’art de la Fugue BWV1080.
Ramin Bahrami, piano
Decca 476 242 – Decca 4765857
Deux œuvres majeures de J.S.Bach sur lesquelles se sont affrontés les meilleurs pianistes du temps. Il fallait donc une confiance et même une assurance d’être dans la vérité pour pouvoir s’inscrire dans cette haute lignée des serviteurs de Bach. Pari réussi pour ce jeune artiste iranien qui s’identifie avec le piano du Cantor dans le moindre de ses accents avec une intelligence musicale, une technicité toujours dominée et une sorte de « vision d’éternité ». C’est immense et impressionnant de vérité !Schubert : Sonate « Arpeggione » et Lieder
Antoine Tamestit, alto, Sandrine Piau, soprano, Markus Hadulla, piano.
Naïve V 5219
L’alto : une voix et non un instrument ! La sonate Arpeggione interprétée à l’alto d’Antoine Tamestit le démontre amplement : ce sont tous les secrets les plus intérieurs du timbre de la voix humaine qui se reflète dans cette version chaleureuse et très schubertienne.. Elle est complétée fort intelligemment par une série de lieder par la voix de cristal de Sandrine Piau .Concerto italiano : Domenico Dall’Oglio, Michele Stratico, Pietro Nardini .
Giuliano Carmignola, violon.
Venice Baroque orchestra dir.Andrea Marcon
Archiv 477 6606
C’est tout le soleil italien et l’élégance vénitienne qui se déploient dans ces trois concertos virtuose pour violon et orchestre de trois s compositeurs vénitiens du XVIII° siècle. Un ravissement de tous les instants d’un violon enchanteur…Ernest Krenek : Motets (Sechs Motetten nach Worten von Franz Kafka), Prières, Cantates, Lamento...
Caroline Stein, soprano, Philipe Mayers,piano.
Rias Kammerchor dir. Hans-Christoph Rademann.
Harmonia Mundi HMC 902049
Ce sont des œuvres qui sont traversées par le traumatisme du musicien autrichien Ernest Krenek (1900-1991) dans son exil aux Etats-Unis au moment de l ’Anschluss ( les lamentations ou les cinq prières) C’est une sorte de réquisitoire à la Kafka de la société de son temps (six motets sur des textes de Kafka op.169) et un appel au combat pour la liberté de penser .. Le RIAS kammerchor et les voix de Caroline Stein et Philip Meyers traduisent bien ces œuvres marquées par « l’inconsistance des choses » (op 72 qui date de 1932 à la veille du pouvoir des nazis )Un véritable plaidoyer sur la vie, la mort et la destinée de l’homme : Krenek : un visionnaire du temps ….Claude Ollivier
Commentaires
Ce dim 11/04/10 s'est terminée vers 11h55 l'émission sur St François d'Assise; Vs avez passé un disque où la chanteuse dit "Seigneur donne nous ton Esprit d'amour"... "là où il y a la tristesse que je mette la joie"... Je cherche à obtenir les ref de cet album pour l'acheter. Pouvez vous m'aider svp?
Par philippe Tchemy Hatho, le 11 April 2010
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