Les disques du mois de février 2009

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Guillaume de Machaut : Messe de Nostre Dame Diabolus in Musica dir Antoine Guerber Alpha 132.

Guillaume de Machaut La « Messe de Nostre Dame » de Guillaume de Machaut ( 1300-1377) est l’œuvre la plus sublime des premières polyphoniques du XIV°siécle incluant l’ensemble de l’ordinaire de la messe dans la cohérence interne des cinq mouvements de la liturgie : Kyrie, Gloria, Credo , Sanctus et Agnus avec l’Ite Missa est.. A chacun de ces temps on trouve une mélodie Grégorienne appropriée tirée d’un cycle de plain-chant. Il est probable que cette Messe de Nostre-Dame soit à mettre en relation avec la fondation faite par les deux frères de Machaut Jean et Guillaume d’une « Messe de la Vierge »à chanter tous les Samedis dans l’une des Chapelles de la Cathédrale de Reims. Ce serait donc l’œuvre d’une dévotion personnelle des deux frères envers la Vierge Marie. Cette dévotion nous la retrouvons au cœur même de la version du jeune ensemble « Diabolus in musica » : marquée par la ferveur, la retenue et l’exactitude des accents liturgiques. Deux motets anonymes également consacrés à la Vierge Marie complètent cette admirable réalisation.

Claude Monteverdi : Teatro d’Amore. Nuria Rial, soprano, Philippe Jaroussky , contreténor, Cyril Auvity, Jan van Elsacker, ténors, Joao Fernandez, basse. L’ensemble l’Arpeggiata dir. Christina Pluhar Virgin Classics 5099923614000 (Distr. EMI)

Claude Monteverdi Ce sont des extraits savoureux des principaux madrigaux d’amour de Monteverdi transfigurés par l’alliance des instruments de l’ensemble « Arpeggiata » de Christina Pluhar et un quintette de solistes du plus haut niveau dans le domaine de la voix baroque dont celui du contreténor Philippe Jaroussky et de la soprano Nuria Rial qui marquent le sommet de cette réalisation dans le magnifiques duo final de l’ « Incoronatione di Poppea » du « divino Claudio ». Véritable « coup de théâtre » pour un moment de bonheur et de grande intelligence musicale.

George Frederic Haendel : duos et airs d’opéras Sandrine Piau, soprano, Sara Mingardo contralto. Concerto italiano dir. Rinaldo Alessandrini. Naïve OP 30483

Haendel C’est tout le « bon plaisir haendélien » qui se reflète à travers ces airs faisant alterner solos et duos, des extraits des quarante deux opéras de Haendel ( récitatifs suivis d’airs qui s’inscrivent ainsi dans l’action). On retrouve donc Tamerlano, Orlando, Radamisto, Dardano, Flavio, Poro ou Ottone qui revivent avec grâce et ferveur par les deux voix féminines qui se conjuguent parfaitement entre elles : celle de Sandrine Piau, voix lumineuse, extrêmement souple, toute en douceur et en élégance virevoltant à travers les arcanes des mélodies haendéliennes et la voix chaleureuse de la contralto italienne Sara Mingaro Le concerto italiano de Rinaldo Alessandrini « un coup de foudre ! » diront-elles, les accompagne sous leurs accents toujours vifs et insistants traduisant les moindres impulsions de ces voix de rêve illuminées par le soleil italien

J.S.Bach : Messe en Si mineur BWV 232 Lucy Crowe, Joanne Lunn, Julia Lezhneva, Blandine Staskiewicz (Sop) – Nathalie Stutzmann, Terry Wey (Alto) – Colin Balzer, Markus Brutscher (ténors) – Christian Immler, Luca Tittoto (basses) – Les Musiciens du Louvre-Grenoble dir. Marc Minkowski Naïve V 5145 (2CD)

J.S Bach Les plus célèbres chefs d’orchestres se sont donc essayés avec plus ou moins de bonheur à affronter ce monument de musique sacrée qui reste le plus grand chef d’œuvre du Cantor de Leipzig Mais avec Minkovski et ses musiciens on est sur un tout autre registre : celui de la contemplation heureuse, simple et rayonnante du mystère de la Messe dans toute ses dimensions quasi théologiques qui traversent dans un miracle de construction les paroles liturgiques du Service. C’est donc une version fervente , humble dans sa fidélité aux textes tout au service de la seule musique, une version très retenue sans contrastes excessifs ni élan de bel canto mais qui est traduite par la ferveur voire l’humilité des interprètes pour une œuvre rayonnante de fraîcheur et de jeunesse La clef de cette réussite exacte vint surtout du choix du chef qui s’est porté surtout à mettre en valeur les dix solistes qui « chantent ici d’une seule voix » et qui affinent ainsi leur prestation : leur force n’est donc plus chorale mais vient essentiellement de leur fragilité et de leur pureté vocale toute méditative et essentielle et finalementn’est-ce pas la prière qui est à la source même de cette Messe composée par Bach « pour toucher les cœurs » ?….Il faut dire que les musiciens de Marc Minkovski ont enregistré cette Messe en Si en l’Eglise de saint Jacques de Compostelle : c’est donc bien ici un pèlerinage aux sources de la Foi …

Mozart : Symphonies n°25 K.183 (sol mineur), N° 26 K.184 (mi bémol majeur), N°29 K.201 (la majeur). Le Cercle d’Harmonie, dir. Jérémie Rhorer Virgin classics 3486829 (Distr.EMI)

Mozart : Symphonies Une véritable fête Mozartienne offerte par le jeune ensemble « Le Cercle d’Harmonie » dirigé par le non moins jeune chef Jérémie Rhorer, cela donne un Mozart rajeuni dans ces trois célèbres symphonies qui avaient pris un coup de vieux dans des versions tellement classiques et usées qu’elles semblaient avoir perdu leur âme. Du meilleur Mozart qui respire la beauté, l’élégance et la force intérieure .A recommander….

Alexandre Pierre François Boëly : Musique de chambre (Trio, Quatuor, Sextuor…) Quatuor Mosaïques. Ensemble Baroque de Limoges, Christophe Coin, Eric Lebrun. Centre Laborie LC 05 distr.Naïve

Alexandre Pierre François Boëly : Musique de chambre Il faut remercier le centre Laborie et son animateur le violoncelliste Christophe Coin et son Quatuor Mosaïques d’avoir su redonner ses lettres de noblesse à ce compositeur et professeur de son temps « le meilleur de Paris » dans la lignée des musiciens d’une cour vacillante (1785-1858). De ce fait ce maître joua un rôle déterminant dans la renaissance de la musique française au XIX° siècle. Bien connu des organistes (Boëly fut organiste en l’église Saint Germain d’Auxerrois à Paris) il composa une série d’œuvres de musique de chambre qui touchent tous les genres : trio, quatuor, sextuor, diverses mélodies pour violoncelle : un programme d’inédits que l’on peut rejoindre sur ce disque qui permet de brosser le portrait d’une personnalité fascinante et très exigeante dont les artistes derrière Christophe Coin se sont fait complice…

Fréderic Chopin : Concertos pour piano et orchestre n°2 op.21 en fa mineur, et n°1 op.11 en mi mineur. Lang Lang, piano . Orchestre Philharmonique de Vienne dir. Zubin Mehta. DG 477 7449

ChopinUn Chopin chaleureux, enthousiasmant qu’on ne finit pas de découvrir sous les doigts de ce jeune pianiste chinois qui aujourd’hui s’impose de plus en plus sur la scénes internationales. Grand admirateur d’ Arthur Rubinstein et de Daniel Barenboïm « il m’a appris à être indépendant » mais son jeu reste très personnel, d’une technicité ahurissante et traversé par une sensibilité parfaitement contrôlée pour donner le meilleur de Chopin, en rejoignant ainsi le rayonnement des grands maîtres du piano de ce temps.

Florent Schmitt : Quintette avec piano – Hasards ( quatuor avec piano ) Christian Ivaldi, piano –Quatuor Stanislas Tympani 1C 152

Florent Schmitt : Quintette avec piano – Hasards Florent Schmitt est sans doute l’un des plus français des musiciens (1870-1958), farouchement indépendant, « être soi-même » sera sa devise. Ce quintette avec piano inscrit au disque est une œuvre phare d’une redoutable difficulté et rarement à l’affiche des concerts mais qui reste une remarquable leçon de composition de musique de chambre : structure très serrée de l’écriture, un beau lyrisme bien retenu et une grande force intérieure. Les couleurs discrètes sont ravissantes et délicates sans qu’elles ne s’imposent. Finalement ce Quintette s’inscrit dans les grandes traditions de la musique de chambre de l’école française de la fin du XIX° et début du XX°siècle : Gabriel Fauré, Claude Debussy, Maurice Ravel, César Franck…. A ne pas manquer .

Erik Satie : Solo et Duos Alexandre Tharaud au piano avec Eric le Sage, Juliette, Jean Delescluse, Isabelle Faust et David Guerrier Harmonia Mundi HMC 902017 /18 (2CD)

Erik Satie : Solo et Duos Alexandre Tharaud nous propose sur un programme très ciblé une sorte d’initiation à la musique et à la personnalité d’Eric Satie dans un coffret joliment intitulé « Avant-dernières pensées » : des Solo et Duos qui recouvrent toute la vie du compositeur ( 1866-1925) « un inventeur de génie », alliant dans ses œuvres la sagesse et l’humour, le sérieux et la dérision, mais restant ouvert à toutes les formes d’art de son temps au contact de Cocteau, Leger, Les Dadaïstes, Picasso , de René Clair pour le cinéma (Entr’acte)et jamais éloigné de Montmartre et de ses artistes.. Le piano d’Alexandre Tharaud réussit alors à se faire complice : « interpréter Satie , c’est désapprendre.. » dira-il. Un jeu tout en délicatesse et en surprise à-la-Satie mais jamais indifférent dans sa virtuosité sans faille. Ce sérieux et cette sagesse se retrouvent dans le deuxième disque consacré aux « Duos » avec des artistes éprouvés pour une belle œuvre d’amis.

DVD : Ildebrando Pizzetti : Meurtre dans la Cathédrale. Ruggero Raimundi (Thomas Becket) avec Pauletta Marrocu, Sonia Zaramella, Luca Casalin . Orchestre Symphonique de la Province de Bari dir. Piergiorgio. DVD Decca 074 3253

Ildebrando Pizzetti : Meurtre dans la Cathédrale. C’est la mise en musique par Pizzetti de la pièce de théâtre de T.S.Eliot « Meurtre dans la Cathédrale » relatant l’assassinat de l’Archevêque de Canterbury Thomas Beckett. Un impressionnant livre d’histoire admirablement mis en place par la musique autour de Ruggero Raimondi dans le rôle titre.

Claude Ollivier

Commentaires


je voudrais connaitre le nom du chant passé ce jeudi à 16H53 "agnus dei" j'ai adoré. Je vous remercie tous.
C'est bien agréable de vous avoir.
Par nadia, le 19 March 2009

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