Les disques du mois d'avril 2010

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Via Crucis. Nuria Rial, soprano - Philippe Jaroussky, contreténor - Ensemble Arpeggiata, dir. Christina Pluhar Virgin Classics 6945777 distr. EMI

Cette « Via Crucis » se présente comme un étonnant mélange de chants corses, d’improvisations et de musique baroque pour le temps liturgique de la Passion du Christ et de Pâques. Christina Pluhar en alchimiste musicale réunit ainsi des chants traditionnels italiens ou corses en écho avec des pièces baroques plus savantes. On rejoint bien ici la piété et la ferveur des compositeurs italiens Sances et Merula ainsi que celle des chants populaires napolitains ou corses. Ce programme passionnant est renouvelé par la complicité de Philippe Jaroussky et de Nural Rial, et Christina Pluhar avec son ensemble Arpeggiata nous entraîne sur un chemin de croix des plus profonds et des plus populaires... A suivre.

Oswald von Wolkenstein : Songs of myself
Andreas Scholl,contre tenor Shield of Harmony dir. Crawford Young Harmonia Mundi HMC 902051

Oswald von Wallenstein est ce poète allemand du XV°siècle qui raconte ses aventures en se racontant lui-même…sur des airs courtois, joyeux, nostalgiques ou truculents qui circulent au cœur de la nature, du printemps et du temps qui passe sur un programme de quelques intermédiaires musicaux instrumentaux ou duos enchanteurs avec Kathleem Dineen : « Nu rue mit sorgen ». Un ravissement.

Haendel : Opera-Arias .
Max Emanuel Cencic, contre-ténor - Coro della Radiotelevisione swizzera - I. Barocchisti dir. Diego Fasolis Virgin classics 6945740 ditr.EMI

Après le rôle titre dans « Faramundo » de Haendel, le jeune contre-ténor Emanuel Cencic revient à Haendel dans un disque conçu comme une galerie des portraits héroïques extraits d’opéras du « Caro Saxone » . On ne peut qu’être séduit par le timbre très homogène de la voix d’une merveilleuse musicalité qui traverse les méandres souvent vertigineux de ces grands airs de Haendel aux couleurs ravissantes magnifiées par la ferveur du chœur de la Radio-Suisse et l’ensemble I Barocchisti. Un grand moment haendélien à recommander.

Georg Frederic Haendel : Orlando
Christoph Dumaux (Orlando) - Elena de la Merced, (Angelica) – Jean Michel Fumas (Medoro) - Rachel Nicholis (Dorinda) - Alain Buet (Zoroastro) – La Grande Ecurie et la Chambre du Roy dir. Jean-Claude Malgoire. K617221/3. (3CD)

On retrouve avec bonheur tout le dynamisme musical de Jean-Claude Malgoire qui s’épanouit dans cet opéra fantastique de Haendel. C’est un opéra qui a été enregistré lors d’une représentation du 4 Mars 2008 au théâtre municipal de Tourcoing, il est fort bien mis en place et on ne peut que souscrire à la cohérence de l’équipe des solistes qui sans qu’elle soit exceptionnelle active parfaitement chacun des rôles derrière le Orlando vocalement très présent de Chritophe Dulmaux. Des chœurs très vivants et l’orchestre de Malgoire toujours fidèle aux accents de la direction du chef qui donne une âme et une vivacité à tout l’opéra dans la pure tradition haendélienne.

Schubert : Die Winterreise
Werner Güra, ténor – Christoph Berner, piano-forte Harmonia Mundi HMC 902066

Après les cycles de lieder de Schubert « la Belle meunière », le « chant du cygne » le ténor allemand Werner Güra nous entraîne dans son «voyage d’hiver » ( The Winterreise) un voyage d’une profonde vérité humaine , une route vers la mort « d’où nul n’est jamais revenu » C’est une version très prenante et d’une très belle visibilité et qui est traduite par la belle voix bien timbrée de Werner Güra qui sculpte chaque mot qui prend ainsi tout son poids d’humanité blessée en traversant le tragique sous une secrète lumière intérieure . Le piano-forte de Christoph Berner offre de surcroit un accompagnement très sobre dans sa retenue rejoignant ainsi le fond même des âmes. Du pur Schubert .

Verdi : Messa da Requiem.
Anja Harteros, Sonia Ganassi, Rolando Villazon, René Paope - Choeurs et Orchestre de l’Académie Nationale de Sainte Cécile dir. Antonio Pappano EMI 698936 2

Ce Requiem de Verdi maintes fois enregistré prend toute sa place parmi les plus grands de par la qualité évidente de coloriste du chef qui imprime un dynamisme très convaincant qui traverse de part en part le Requiem et qui de ce fait est tiré davantage vers le style d’une fresque sacrée que vers la grandiloquence de l’opéra italien. De solides solistes dominés par la belle basse chantante de René Pape, des chœurs bien engagés et un orchestre qui vibre aux moindres inflexions du chef : du bel ouvrage !

Johannes Brahms : Les Quatre Symphonies. Orchestre Philharmonique de Berlin dir. Sir Simon Rattle EMI 67254 2 (3 CD)

Ces quatre symphonies de Brahms ont été enregistrées en concert en 2008 avec Simon Rattle à la tête du fabuleux orchestre Philharmonique de Berlin. En les rapprochant elles permettent à l’auditeur de rejoindre la cohérence de fond de l’inspiration de Brahms marquée par la force de son romantisme et une certaine forme de nostalgie qui frise souvent le tragique.. Tout ici emporte l’adhésion même si parfois on aurait aimé un Brahms plus incisif et plus fulgurant. Les solistes instrumentaux (cor ou violon) font chatoyer les mille couleurs de leur partition sous la baguette vigilante et toujours précise du chef qui donne une grande lisibilité à chacune des symphonies qui prennent ainsi toute leur personnalité propre. Un monument !

Fréderic Chopin : Sonate pour piano n°2 en si bemol mineur op.35 – 24 Préludes op.28
Hélène Tysman, piano Accent tonique OEHMS OC 752

Ces 24 Préludes de l’opus 28 et la sonate en si mineur de l’op.35 ouvrent la dernière période de trois décennies créatrices de Chopin qui puise ici aux sources des plus claires de la modernité naissante. Ce sont des œuvres difficiles, parfaitement construites et bien relevées par le jeu lumineux de la jeune pianiste, ( premier prix du concours Chopin de Darmstadt de 2006) . On se laisse vite prendre à ce jeu rigoureux certes mais chaleureux et sans apprêt et d’une grande lisibilité. Du simple mais du grand Chopin, à recommander évidemment...

Jean Cras : Les mélodies avec Orchestre.
Ingrid Perruche , Philippe Do, Lionel. Peintre Orchestre de Bretagne dir. Claude Schnitzler. Timpani IC1160

Marin, Contre-amiral, inventeur de la fameuse « régle Cras » bien connue des marins et compositeur breton que l’on commence enfin à redécouvrir comme ces mélodies avec orchestre proposée par la firme Timpani : « Elégies, Trois mélodies, l’Offrande lyrique, Fontaines, Image et Trois Noëls ». Toutes ces mélodies sont inspirées par un sentiment d’infini poétique signifiée toujours chez Jean Cras par l’expérience de la Mer. Des mélodies qui s’inscrivent dans la belle tradition de la mélodie française ici parfaitement traduites par les solistes accompagnés par le bel orchestre de Bretagne qui nous font respirer le grand air poétique de la Mer. A découvrir…

Ernest Chausson : Poéme de l’amour et de la mer op.19 –Chansons perpétuelles op.37 Quatuor à cordes op.35
Salomé Haller, soprano, Nicolas Kruger piano, Quatuor Manfred. ZigZag ZZT 100402

C’est un programme de musique vocale dans une transcription inhabituelle autour du Quatuor à cordes, du piano et de la voix de soprano. Il faut dire que cette réduction sonore est du meilleur aloi pour traduire la force poétique de ces poèmes du Chausson. Le quatuor à cordes Manfred et le piano de Nicolas Kruger pénètrent ainsi au cœur des fibres les plus intimes de la poésie raffinée de Chausson magnifiée par cette version exceptionnelle…

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