Emission du samedi 4 février 2012
Les Vérités 2012 - Halte au feu sur les banques. Militons pour une démocratie responsable et sans exclusive.
De façon permanente les crises que nous traversons sont l’objet de la part de nombre de politiques et d’économistes d’une recherche de boucs émissaires qui permettraient d’éluder les vraies causes des ébranlements géopolitiques que nous subissons. Le premier de ces boucs émissaires est le système financier et les banques qui en sont le support.
Soyons clairs : certes la spéculation menée par les traders fût et reste choquante et même inadmissible, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Analysons les réalités :
1- Les dettes des Etats. Les gouvernants se sont servis et se servent encore du système financier pour emprunter aux marchés ou aux banques centrales aux taux les plus bas possible, (toujours 0 % aux USA, 1,5 % en Allemagne), jusqu’au jour ou les créanciers se manifestent avec la triste fin racontée par Flaubert dans madame Bovary.
On s’irrite de l’intransigeance de madame Merkel, la chancelière allemande, mais pourquoi les bons élèves paieraient-ils pour les cancres ?
Ce que l’on pourrait reprocher au système financier, c’est d’avoir trop longtemps facilité les endettements à des taux bas, sans tirer à temps la sonnette d’alarme. Cette sonnette, ce sont aujourd’hui les agences de notation : les huissiers n’ont pas bonne presse, mais ils constatent un état de fait.
Il est clair que les gouvernants et les peuples sont astreints à une cure de rigueur que les banques peuvent accompagner, mais non résoudre, car rappelons une évidence : leurs missions premières est de stimuler l’épargne et l’investissement des entreprises.
2- Les bulles immobilières. Là aussi, l’immobilier à tout va aux USA, en Espagne, en Tunisie a été promu avec la bénédiction des gouvernants et les banques ont accompagné le mouvement. On se doit seulement de regretter que les économistes n’aient pas alerté sur le danger d’une dérive spéculative.
Citons deux exemples, des conséquences de cette spéculation immobilière : en Espagne, le pays se retrouve avec un million de logements vides et la Tunisie a construit, depuis 20 ans, des centaines d’Hôtels aujourd’hui déserts et en faillite.
En résumé, les banques ne furent pas des initiateurs mais des accompagnateurs, alors que la dette des Etats les met aujourd’hui en arbitre de l’économie occidentale.
Ce serait une grave erreur économique et sociale de vouloir leur faire payer la crise, soit par des prises en charge d’impayés, soit en leur imposant de nouveaux impôts.
Prenons le cas symbolique du Crédit Mutuel avec ses 20 millions de clients actionnaires mutualistes qui ne sont responsables ni de la crise, ni de ses conséquences. Ils en sont déjà les victimes, devraient-t-ils faire face à des prélèvements limitant les crédits et augmentant les taux ? Est-ce que cela a un sens ?
Concernant les autres banques de dépôts, et les banques d’affaire comme Neuflize ou Rothschild, les actionnaires sont extérieurs, mais sanctionnés par une fiscalité supplémentaire, qui financera les investissements créateurs d’emplois ?
Sur un autre plan, attention à la démagogie dans les programmes présidentiels et réfléchissons à la mise en garde de François Bayrou estimant que les deux grands partis asphyxient la démocratie. Modem et Front National n’ont, en effet, pas la représentativité correspondant à leur électorat et la recherche des 500 signatures reste un chemin de croix ! Récuser 20 % des électeurs déclencherait un séisme politique.
Répétons-le, l’ampleur des crises implique une vraie démocratie. Les exclusives, les caricatures ne sont plus permises. L’histoire les condamnera.
Une fois encore, luttons pour la vérité, chers lecteurs, chers auditeurs.








