Emission du samedi 11 février 2012
Les Vérités 2012 - Les huit volcans du Moyen Orient peuvent-ils entrer en éruption ?
Ces volcans sont bien huit à l’heure actuelle : L’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, la Syrie, l’Egypte, la Lybie, la Tunisie, et nous laissons de côté la Turquie, Israël, l’Algérie et le Maroc …. Nous les avons déjà analysé.
Face à ces défis géopolitiques sans précédent, la France, l’Europe et les
Etats Unis se focalisent sur leurs échéances électorales et leurs problèmes de dettes en se drapant dans des discours démocratiques qui sont chaque jour démentis par les faits.
Cette volonté des opinions publiques de récuser les réalités n’est pas nouvelle : dans les années qui précédèrent la guerre de 1939, la France estimait prioritaire la semaine de 40 heures et les congés payés, l’Angleterre voulait apaiser l’Allemagne et le Congres américain avait refusé la Société des Nations.
Il n’est pas question de récuser la nécessité du progrès social, mais de constater combien la pression politico –médiatique peut se révéler contraire aux vrais intérêts d’une nation. Jusqu’au 10 mai 1940, date de l’invasion allemande, les Français se confortaient avec un « Tout va très bien, Madame la Marquise », ou « nous irons pendre notre linge sur la ligne Siegfried ».
Si nous faisons référence à l’Histoire, c’est pour constater combien la pression politique et sociale peut se révéler contraire aux intérêts fondamentaux des Etats.
Certes la France, l’Europe et l’Occident se trouvent face aux crises de la dette, des dettes grecques, italiennes et françaises. Mais ce sont des problèmes solubles, s’ils sont abordés avec lucidité et courage. Ce n’est pas le cas.
Nous avons déjà déploré les campagnes qui présentent la finance et les banques comme responsables de tous nos maux, alors qu’elles ne sont, pour l’essentiel, que les outils des politiques économiques.
Les boucs émissaires sont des cibles faciles, alors que se profilent les crises géopolitiques du Moyen Orient, crises majeures que l’on dissimule par un vocabulaire sans prise avec la réalité.
Nous devons donc faire face à ces huit volcans en phase d’éruption plus ou moins violente, allant de l’Afghanistan à la Tunisie. Il est clair que ce n’est pas le vocabulaire qui arrêtera les guerres et les révolutions en cours.
Peut-on encore faire appel à la lucidité alors que la Turquie commence à rompre les relations diplomatiques avec la France, suite à notre vote sur le génocide arménien et que la Tunisie intente un procès au diffuseur du film Persépolis, sans parler des Salafistes qui réclament le port du niqab ! La faillite de notre ancien protectorat est imminente, comme le montre les comptes officiels de la banque de Tunisie : est-on prêt à en mesurer les conséquences ?
Concernant l’Irak, la rupture entre les Chiites majoritaires et les sunnites semble irréversible. Quelle politique occidentale est proposée alors que la Turquie humiliée rêve de retrouver tout ou partie de son ancien empire riche de pétrole ?
L’affaire de l’Iran et de ses visions nucléaires est connue : quelles seront les conséquences de l’embargo pétrolier ? Personne ne semble les imaginer.
Par contre le court terme de l’Egypte devrait alerter, car les 85 millions d’Egyptiens se trouvent maintenant sans touristes et sans pain : qui s’en préoccupe ?
En résumé, les volcans de la région touchent 500 millions d’habitants.
Face à ce constat géopolitique, que pèsent nos campagnes électorales et leurs promesses du » toujours plus » déplorées depuis des années par François de Closet ?
Durant les semaines qui viennent, réclamez un langage de vérité, chers lecteurs, chers auditeurs, la France le mérite.








