Supplique aux compositeurs
Bonjour,
Je demande un armistice musical !
On n'en peut plus de toutes ces oeuvres liturgiques nouvelles qui se déversent continument par wagons entiers sur nos pauvres assemblées.
Quel est l'objectif ? Louer le Seigneur au travers du sacrifice renouvelé par la messe ou bien apaiser le prurit d'écriture de ces innombrables 'compositeurs' dont le nombre semble ne cesser de s'accroître (à la proportion des moyens modernes d'édition et d'écriture) ?
Le corpus des oeuvres liturgique est devenu une masse tellement énorme qu'on pourrait certainement assurer sans discontinuer des messes différentes jusqu'à la fin du siècle en cours !
Mais parmi toutes les "oeuvres" récentes, que de rebut, de brouillon bâclé, de musiques péremptoires et prétentieuses, de nullités acoustiques, de recherches "modernes" déjà dépassées (!), de vanités vaines, d'arrangements multiplicatifs, de mélodies de feux de camps, de paroles plates, de paroles creuses et, pire, de réécriture incongrue des Ecritures...
Les fidèles, de moins en moins nombreux devant les autels, ne sont pas des athlètes de la variété liturgique à qui l'on doit infliger chaque dimanche des chants et des "messes" (messe de trucmuche, messe de machinchose, messe de martinschmull et Cie) différents et nouveaux.
Ces renouvellements constants ont pour effet de transformer l'ensemble des assemblées françaises en une vaste foire de Babel où le fidèle qui aurait à fréquemment changer de lieu de culte devrait se préparer à ne jamais rien reconnaître (entre autres, des "sanctus" fantaisistes sans jamais le mot saint, des "agnus" surfant sur l'inventivité parolière, etc.) de familier ; ce familier (non synonyme de médiocrité : le chant orthodoxe devient vite familier tout en demeurant d'une qualité spirituelle et musicale très élevées) qui prépare l'esprit à prier paisiblement...
Non, il faut un moratoire, un Davos, un Kennedy round, un Rambouillet, que sais-je encore, mais il faut impérativement que les compositeurs cessent de nous submerger de leurs portées (au double sens du terme !) ou bien nombre d'équipes liturgiques vont définitivement sombrer dans la folie et la démesure consommatrice gloutonne, face à ces kilomètres de partitions, à ces tonnes de partitions, qui s'accumulent dans les placards, débordent des sacristies, encombrent les librairies, étourdissent les chantres et emplissent cagibis et caves (où, Dieu merci, nombre (insuffisant!) d'"oeuvres" finissent, rongées par des insectes cavernicoles).
Entre le trésor grégorien, l'oeuvre d'andré Gouze et les chants du renouveau il y a plus que suffisamment de quoi faire pour satisfaire à l'envi les besoins des paroissiens et du clergé en matière de liturgie.
Amis compositeurs, venez vous reposer, comme le Seigneur nous y invite tous !
Mais prenez en pitié le Peuple de Dieu qui ne doit pas devenir (il ne l'est que trop déjà ) l'exutoire obligé de vos quêtes esthétiques ou spirituelles personnelles (je n'aurai pas l'outrecuidance de soupçonner parfois une quête de thunes...).
Composez tant que vous voulez, mais, de grâce, gardez désormais tout cela pour vous, pour votre ordinateur ou pour votre accompagnateur spirituel (ou votre psy, au choix)...
Par de Coucy, le 11 February 2010
réponse à la "supplique aux compositeurs"
C'est justement parce qu'il y a des "wagons entiers" comme vous dites, de musiques et paroles complètement à côté des besoins de la liturgie que des organistes et des compositeurs se démènent pour faire entendre autre chose.Votre "supplique" est terriblement amère et injustifiée : en tant qu'organiste "bénévole" depuis plus de vingt ans (j'ai commencé à 15 ans, j'ai eu le temps de jouer le pire comme le meilleur !) et femme d'un organiste-compositeur, je vous invite à aller voir du côté de la sacem...la recherche de "thunes" comme vous dites,c'est un fantasme et pas le meilleur ! S'il y a des compositeurs qui touchent de l'argent, ce sont souvent ceux qui ont un certain monopole et qui nous ont inondés de "tubes années 70" (à vous de deviner qui puisque vous êtes incollable en la matière.)Que les équipes liturgiques fassent le ménage de printemps dans leurs armoires, vous verrez qu'il ne restera pas tant de partitions que cela, vous avez parfaitement raison, montez au créneau et brulez les sanctus et agnus fantaisistes, n'oubliez pas les anamnèses surtout, c'est là que se trouve le pire ! Mais n'insultez pas ceux qui cherchent à améliorer concrêtement la situation et qui le font AVEC LA FOI.
Par , le 09 March 2010