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Une levée de l'excommunication ?
Friday 23 01 2009
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Communiqué de Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X sur les déclarations de Mgr Williamson - Menzingen, le 27 janvier 2009
Source : salle de presse du Saint-Siège.
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Nous avons eu connaissance d’une interview accordée par Mgr Richard Williamson, membre de notre Fraternité Saint-Pie-X, à la télévision suédoise. Dans cette interview, celui-ci s’exprime sur des questions historiques, en particulier sur la question du génocide juif par les national-socialistes.
Il est évident qu’un évêque catholique ne peut parler avec une autorité ecclésiastique que sur des questions concernant la foi et la morale. Notre Fraternité ne revendique aucune autorité sur les autres questions. Sa mission est la propagation et la restauration de la doctrine catholique authentique, exposée dans les dogmes de la foi. C’est pour ce motif que nous sommes connus, acceptés et estimés dans le monde entier.
C’est avec une grande peine que nous constatons combien la transgression de ce mandat peut porter tort à notre mission. Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société. C’est pourquoi je lui ai interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques.
Nous demandons pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d’un tel acte. Bien que nous reconnaissons l’inopportunité de ces propos, nous ne pouvons que constater avec tristesse qu’il atteignent directement notre Fraternité dans le but de discréditer sa mission.
Cela nous ne pouvons l’admettre et nous déclarons que nous continuerons de prêcher la doctrine catholique et de dispenser les sacrements de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
+ Bernard Fellay, Supérieur Général
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Communiqué du Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
L’excommunication des évêques sacrés par S. Exc. Mgr Marcel Lefebvre le 30 juin 1988, qui avait été déclarée par la Congrégation pour les évêques par un décret du 1er juillet 1988 et que nous avons toujours contestée, a été retirée par un autre décret de la même Congrégation en date du 21 janvier 2009, sur mandat du pape Benoît XVI.
Nous exprimons notre gratitude filiale au Saint Père pour cet acte qui, au delà de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sera un bienfait pour toute l’Eglise. Notre Fraternité souhaite pouvoir aider toujours plus le pape à porter remède à la crise sans précédent qui secoue actuellement le monde catholique, et que le pape Jean-Paul II avait désignée comme un état d’« apostasie silencieuse ».
Outre notre reconnaissance envers le Saint Père, et envers tous ceux qui l’ont aidé à poser cet acte courageux, nous sommes heureux que le décret du 21 janvier envisage comme nécessaires des “entretiens” avec le Saint-Siège, entretiens qui permettront à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X d’exposer les raisons doctrinales de fond qu’elle estime être à l’origine des difficultés actuelles de l’Eglise.
Dans ce nouveau climat, nous avons la ferme espérance d’arriver bientôt à la reconnaissance des droits de la Tradition catholique.
Menzingen, le 24 janvier 2009
+ Bernard Fellay
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JERUSALEM , 25 jan 2009 (AFP) - Excommunication d'un négationniste levée: condamnation de Yad Vashem.
Le mémorial israélien de la Shoah, Yad Vashem, s'est indigné dimanche de l'annulation par Benoît XVI de l'excommunication d'un évêque intégriste négationniste, Richard Williamson. Cette institution, consacrée à la mémoire des six millions de juifs victimes du génocide nazi, a jugé "scandaleux" qu'un responsable "d'un tel rang dans l'église dénie la Shoah". Le pape a mis fin samedi à vingt ans de schisme avec les intégristes catholiques en annulant l'excommunication de quatre évêques, dont le Britannique Richard Williamson, qui a nié l'existence des chambres à gaz. "Quel message cette mesure véhicule-t-elle concernant l'attitude de l'Eglise sur la Shoah, quand bien même la révocation de l'excommmunication n'est pas liée aux positions (de l'évêque) concernant la Shoah?", s'interroge Yad Vashem, dans un communiqué. Le centre Simon Wiesenthal en Israël, spécialisé dans la traque de criminels nazis, a dénoncé quant à lui cette décision comme "donnant du crédit à ceux qui dénient le pire crime de l'histoire". Le centre relève les prises de positions "violemment antisémites" de la Fraternité sacerdotale de St Pie X, à laquelle appartiennent les quatre évêques. Le rabbin David Rosen, président du Comité juif international qui rassemble au niveau international les comités juifs engagés dans le dialogue inter-religieux, avait jugé samedi que l'annulation de l'excommunication de cet évêque négationniste "contaminait l'Eglise toute entière". "Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz", avait déclaré Richard Williamson dans un entretien diffusé jeudi par une télévision suédoise, au moment même où le Vatican s'apprêtait à rendre publique la levée de son excommunication et alors qu'un voyage du pape en Israel est envisagé pour mai.
Le cardinal Vingt-Trois se veut rassurant (article paru dans La Croix).
L’archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France a « une arête en travers de la gorge» mais il insiste sur la chance offerte de recoller l’unité de l’Église
Au cours d’une conférence de presse, samedi 24 janvier au soir à Notre-Dame de Paris, le cardinal André Vingt-Trois a voulu rassurer les catholiques français sur la portée de la décision de Benoît XVI. « Il s’agit d’une mesure personnelle, qui vise des personnes. La situation juridique de la Fraternité Saint-Pie-X n’est pas résolue », a souligné l’archevêque de Paris, rappelant que les quatre évêques intégristes « n’ont pas de juridiction ».
Pour lui, « ce décret est une chance de recoller une unité qui a été très perturbée ». « C’est une mesure d’ouverture qui permettra de réfléchir au statut de la Fraternité Saint-Pie-X, a-t-il expliqué. Tant qu’on n’a pas précisément affiné le contenu des propos des uns et des autres, le statut de la Fraternité n’est pas changé. »
Pour les discussions qui vont maintenant s’ouvrir, le président de la Conférence des évêques de France rappelle qu’« on ne peut pas à la fois affirmer que l’on reconnaît la primauté du pape et qu’on veut la respecter, et s’instaurer juge de l’authenticité de la Tradition catholique ». « Dans l’expérience chrétienne, l’interprétation de la Tradition n’est pas un exercice privé, c’est un exercice ecclésial fait par le Magistère, et notamment le pape, premier du collège apostolique », insiste-t-il. Et s’il estime que « ce n’est pas un groupe particulier qui va dire quel est l’enseignement authentique de l’Église. », il reconnaît aussi que « mon ministère de miséricorde m’invite à ne pas les suspecter a priori ».
"L'excommunication ne visait pas les propos négationnistes"
Interrogé sur les propos négationnistes de Mgr Williamson, le cardinal Vingt-Trois a rappelé que « l’excommunication ne visait pas les propos négationnistes mais l’ordination illégitime d’évêques ». « Il peut avoir des pensées fausses, la levée de l’excommunication ne les rend pas vraies », précise-t-il, se refusant toutefois à faire l’amalgame avec ce que pensent l’ensemble des fidèles de la Fraternité.
Mais le successeur du cardinal Lustiger à l’archevêché de Paris est conscient du trouble suscité : « Je comprends très bien qu’un certain nombre de catholiques vont avoir une arête en travers de la gorge devant les propos de Mgr Williamson. Moi aussi j’ai une arête en travers de la gorge ! Mais cela ne m’empêche pas de respirer. »
Le cardinal Vingt-Trois ne croit pas que la décision de Benoît XVI pousse des fidèles à quitter l’Église. « L’Église est largement assez vivante pour assumer une secousse comme ça », estime-t-il, soulignant qu’« une des erreurs tactiques de Mgr Lefebvre était que de croire qu’il suffisait de s’inscrire institutionnellement à côté pour pouvoir obtenir gain de cause ». Et d’insister : « Ce n’est pas la victoire de Mgr Lefebvre : c’est la victoire de l’unité de l’Église ».
Article signé Nicolas SENÈZE
A lire dans La Croix:
Benoît XVI s’apprêterait à mettre fin à l’excommunication frappant les responsables de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). L’information de la publication toute proche d’un décret levant cette excommunication, prononcée en 1988 suite à la consécration illicite de quatre évêques par Mgr Lefebvre, circulait depuis plusieurs jours au Vatican. Deux quotidiens italiens ont décidé d’en faire l’annonce jeudi 22 janvier au matin, sans attendre de connaître le contenu du décret.
Selon nos informations, cette publication serait imminente, en fin de semaine ou début de semaine prochaine. Elle marquerait une nouvelle étape dans le long processus visant à mettre fin au schisme créé par la FSSPX, processus lancé par Jean-Paul II, mais que l’arrivée de Benoît XVI a fortement accéléré.
En publiant le motu proprio Summorum Pontificum (juillet 2007), celui-ci répondait à l’une des demandes de la Fraternité, à savoir la possibilité de pouvoir célébrer librement selon le rite dit « de saint Pie V », en vigueur jusqu’à Vatican II. Ce n’était cependant pas suffisant pour les lefebvristes. En juillet dernier, Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la FSSPX, a rappelé leur seconde condition pour dialoguer avec l’Église catholique : la levée des excommunications de 1988. Pour lui, ce geste « favoriserait la sérénité » d’un dialogue sur le fond des divergences doctrinales d’Écône avec Rome. Voilà donc qui devrait être fait.
Négocier la forme juridique et ecclésiale de la réintégration
Il faut attendre de voir le décret et son contenu pour en connaître les conséquences. En effet, on ignore encore les conditions de la levée de l’excommunication. En général, rappelle un canoniste, « la levée de l’excommunication nécessite une matérialisation publique de l’intéressé, une démarche où il réaffirme sa volonté d’union avec l’Église ».
Reste à savoir si Mgr Fellay, demandant la levée de cette excommunication, a posé un acte de repentance. De plus, même s’il s’agit là d’un pas décisif, un tel décret ne signera pas ipso facto le retour plein et entier de la Fraternité dans le giron catholique : il faudra encore négocier la forme juridique et ecclésiale pour cette réintégration. De ce point de vue, le motu proprio libéralisant la célébration selon le Missel de saint Pie V montre une voie : on pourrait créer une prélature personnelle (analogue à l’Opus Dei), au sein de laquelle ne serait célébré que ce Missel, appelé désormais « forme extraordinaire du rite romain ».
Dernière interrogation : le nombre de personnes concernées par l’excommunication, et donc par sa levée. Au Vatican, on affirme aujourd’hui que seuls les quatre évêques ordonnés avaient été excommuniés en 1988. Une thèse contredite dès 1997 par le Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, déclarant que l’excommunication latae sententiae « frappe ceux qui adhèrent formellement à ce mouvement schismatique », ce qui visait de façon « indubitable » les prêtres lefebvristes, les choses demeurant plus floues pour leurs fidèles.
Quoi qu’il en soit, une levée de l’excommunication ne supprimera pas une autre peine frappant prêtres et évêques de la FSSPX : ils demeureront suspens a divinis, interdits de célébrer les sacrements, tant qu’ils ne se seront pas mis personnellement en règle avec l’Église catholique. Rien, reconnaissait-on mercredi 21 janvier à Rome, ne se fera donc si les 500 prêtres de la Fraternité refusent ce décret : « Ils sont libres, et nous ne sommes pas dans leur cœur. »
Un article signé Isabelle DE GAULMYN et Nicolas SENÈZE, à Rome.
Mgr André Vingt-Trois explique le décret de levée d’excommunication
Le 24 janvier, a été publié le décret qui lève l’excommunication prononcée contre les quatre évêques ordonnés illicitement par Mgr Lefebvre en 1988. Le Pape Benoît XVI a ainsi répondu à la demande faite par Mgr Fellay, supérieur dela Fraternité St Pie X, au nom des quatre évêques. Il y affirmait, entre autres, leur « ferme détermination dans leur volonté de rester catholiques », leur « acceptation des enseignements de l’Eglise » et leur « ferme croyance en la primauté de Pierre et en ses prérogatives ».
En levant cette excommunication, le Pape a ouvert une porte pour que s’engagent des discussions sur la situation juridique de la Fraternité St Pie X. Cette question n’est pas résolue par ce décret, qui vise seulement l’état personnel des quatre évêques. Cette mesure ne concerne que les personnes. Elle ne réhabilite pas ces évêques dans des juridictions qu’ils n’ont jamais eues. L’évolution de la situation de la Fraternité dépendra des entretiens dont parlent le décret. Cela prendra du temps.
Cet évènement important peut troubler beaucoup de catholiques. La vitalité de l’Eglise et des communautés paroissiales permet de l’assumer positivement. Il est une nouvelle chance offerte pour surmonter les divisions et faire grandir l’unité de l’Église. Cette décision du Pape a été rendue publique au cours de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Elle s’inscrit donc dans l’effort de Benoît XVI pour exercer son ministère de communion. Je me réjouis quand l’Église peut prendre une mesure de clémence et de miséricorde.
Les colloques annoncés posent évidemment la question du respect de la Tradition de l’Eglise. Reconnaître la primauté du Pape et vouloir la respecter ne permet pas de s’ériger en juge de la Tradition. L’interprétation de la Tradition est un acte du Magistère, du Pape et du Collège des Evêques, et non d’un groupe particulier.
Par ailleurs, on doit faire la distinction entre la levée d’excommunication et les propos négationnistes historiquement et moralement insoutenables et scandaleux tenus par Richard Williamson. Je partage l’émotion suscitée par cette déclaration et assure la communauté juive de notre détermination à poursuivre le dialogue fraternel engagé depuis tant d’années.
La sentence romaine concerne les conséquences de l’ordination de 1988 et n’avalise en rien ce que sont et disent ces évêques, qui n’ont aujourd’hui ni juridiction, ni pouvoirs dans l’Eglise catholique.
Par : Marion Duchêne






