Interdiction du port du voile intégral

Thursday 28 01 2010
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Le Président  s’exprime, suite aux propositions de la Mission parlementaire sur le « voile intégral »


"Comme Président du Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France, je n’ai pas voulu prendre la parole avant que la Mission parlementaire chargée de faire des propositions à propos du « voile intégral » n’ait donné ses conclusions.

Je regrette que la Mission n’ait pas cru bon d’entendre l’avis des responsables religieux chrétiens et juifs, alors qu’elle a reçu d’autres courants de pensée. La lettre que j’ai écrite au Président de la Mission aurait, au moins, mérité une réponse.

Le Conseil National du Culte Musulman, par son Président, Monsieur MOUSSAOUI, a clairement déclaré que le « voile intégral » n’est pas un signe religieux et que le Coran ne demande pas qu’il soit porté par les femmes.

Il faut raison garder. Le nombre de femmes portant le voile intégral étant très limité, les décisions prises ne doivent pas conduire à stigmatiser les croyants musulmans.

La proposition d’une résolution qui a l’accord des responsables du culte musulman et, semble-t-il, des différents partis politiques peut être un acte important. Mais je suis très réservé sur l’opportunité d’une loi qui ne résoudra pas la question.

Si un texte de loi était adopté, le risque pour les femmes musulmanes portant ce voile intégral est qu’elles ne sortent plus de chez elles et soient encore plus marginalisées. Ainsi le résultat pourrait être contraire à l’effet recherché et conduire, par réaction, à une augmentation du nombre de femmes portant cet habit.

Les citoyens français, et parmi eux les catholiques, ne doivent pas se laisser envahir par la peur et la théorie du choc des civilisations. Il est essentiel de distinguer la majorité de nos concitoyens musulmans qui demandent à pouvoir pratiquer librement leur culte et une minorité qui, tout en se réclamant de l’islam, cherche à déstabiliser les démocraties.

Si nous voulons que les chrétiens en situation de minorité dans les pays à majorité musulmane disposent de tous leurs droits, nous devons dans notre pays respecter les droits de tous les croyants à l’exercice de leur culte.
Le dialogue en vérité entre croyants permet de dépasser les méfiances réciproques. Le chemin sera long et exigeant. La voie du respect mutuel permettra d’améliorer le vivre ensemble dans notre pays".

Mgr Michel Santier

 

 

Le "No comment" de la Conférence des évêques de France (28/01/2010) par Julien Chavanne.

Six mois d'auditions, des dizaines d'intervenants reconnus (Antoine Sfeir, Tariq Ramadan...) et pourtant la mission parlementaire sur le port du voile intégral a finalement accouché d'un rapport qui ne satisfait personne.

D'un côté, une partie de la majorité veut aller plus loin que la simple obligation d'avoir le visage découvert dans les services publics, c'est-à-dire l'interdiction totale du niqab dans les rues. Une option difficilement applicable mais à laquelle le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, est attachée.

De l'autre une opposition qui joue la surenchère et monnaie son vote dans l'hémicycle à l'abandon du débat sur l'identité nationale. De quoi noyer la vraie question du port du niqab dans une démarche polémique.

Au milieu du brouhaha politique, les forces religieuses font profil bas.

Monseigneur André Vingt-Trois s'est dit, en tant que citoyen, "réticent" à une interdiction du voile intégral. Pour l'archevêque de Paris, l'intervention de l'Etat dans la façon de s'habiller des Français ne se justifie pas. Il met plutôt sur le même plan, voiel intégral et les femmes à moitié nues qui couvrent nos panneaux publicitaires (http://la-croix.com/article/index.jsp?docId=2411966&rubId=4078)... Une comparaison discutable.

C'est en tout cas la seule intervention q'une personnalité de l'Eglise, hormis le père Christophe Roucou, directeur du Service national pour les relations avec l’islam. Dans La Croix, il déclarait le 25 janvier que le piège serait justement de "s’attaquer au symptôme sans se demander pourquoi des femmes adoptent ce vêtement et cette attitude de séparation". Mais tout comme Mgr Ving-Trois, le père Roucou exprime une position personnelle.

Pourquoi ce silence officiel des hautes autorités de l'Eglise?

En réalité, la Conférence des évêques de France est tirailée entre deux courants.

Certains membres du clergé définissent le niqab comme un signe religieux et dans ce sens prendre position reviendrait à mettre en question tous les attributs religieux extérieurs (le voile des soeurs par exemple).

De l'autre côté, on trouve le courant sociétal pour qui le port du voile intégral est lié à une conception familiale, traditionnelle du droit de la femme.

Au bout du compte, il se pourrait que rien ne sorte de ce débat interne à la CEF. Certains membres de la Conférence n'écartent pas un silence total de l'Eglise, estimant que ce n'est pas son rôle de s'exprimer sur la question, alors que d'autres catholiques attendent toujours une parole des évêques sur le voile intégral.

Julien Chavanne

 


Par : Julien Chavanne

Commentaires

le port du voile en france

je pense que cela est inadmissible non seulement car nous sommes dans un pays laïc mais que avant les femmes chrétiennes
portaient aussi le voile.
au revoir
par k.c.11, le Tuesday 24 05 2011

Notre incapacité à trancher sur le voile plus préoccupante que le niqab lui même

La seule raison solide pour l'interdiction serait celle de la sécurité publique: laissera-t-on quelqu'un pénétrer dans une banque,une école,un hopital,un lieu administratif, voire un lieu de culte avec un bas sur le visage ou un passe montagne? (d'ailleurs, y a t-il une loi sur ce sujet?)

Par ailleurs, le niqab est peut être un début de résistance contre l'espionnage vidéo des cités où il n'y a même plus besoin d'un humain pour se renseigner sur votre emploi du temps puisque l'ordinateur est capable de reconnaitre les visages par la biométrie (+ la traçabilité du portable, de la carte bleue, des pass SNCF...).

Le niqab défendrait alors le droit à l'intimité

Quand la raison ne peut trancher, c'est la valeur de symbole qui l'emporte.Et cette valeur n'est fondée que sur l'affectif en occident, c'est à dire le couple attirance-aversion que les orientaux posent comme l'une des causes de l'ignorance et de la souffrance.

La seule voie de progrès serait au moins de connaître la signification symbolique universelle et religieuse du voile. Cette signification ayant été perdue voire décriée dans la religion catholique (personne ne peut dire vraiment pourquoi on demandait aux femmes de porter le voile à la messe), on a jeté le bébé avec l'eau du bain, la baignoire... au nom du progrès spirituel et pour ne pas déplaire (sans pour autant éviter la perte des pratiquants qui par principe fuient toute contrainte).

Et il semble que même les évêques n'ont rien à dire là dessus!

Seul le point de vue métaphysique permettrait le recul et l'objectivité nécessaire, mais c'est une science démodée.Il suffirait d'y travailler pour s'en convaincre ; l'homme moderne préfère la "pensée toute faite" à l'effort de discernement qui demande du temps et du travail sur soi comme nous l'ont montré les pères de l'église. Et cela n'a pas changé depuis les temps anciens.

Ce n'est pas le niqab qui pose question mais notre incapacité (et particulièrement celle des religieux) à y répondre, c'est à dire à exprimer une parole juste.
C'est délicatement qu'il conviendrait de "lever le voile" sur ces mystères et d'en nourrir sa vie spirituelle au lieu de soutenir OU condamner une coutume selon les idéologies du moment.


par Perijam, le Thursday 18 02 2010

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